Source : revue clandestine "Défense de la France".
| Matières | Tonnes | Tonnes | Tonnes | Tonnes |
| Blé | 30 000 | 87 000 | 60 000 | 177 000 |
| Paille | 20 000 | 30 000 | ||
| Avoine | 15 000 | 50 000 | ||
| Moutons (en nombre de têtes) | 9 000 | 9 000 | 8 000 | 26 000 |
| Bêtes à cornes (en nombre de têtes) | 14 600 | 6 000 | 6 000 | 26 600 |
| Pommes à cidre | 10 000 | 12 000 | 5 000 | 27 000 |
| Peaux et cuirs | 1 500 | 1 500 | 1 500 | 4 500 |
| Bois ronds et débités | 15 000 | 15 000 | 15 000 | 45 000 |
| Traverses de chemin de fer | 10 000 | 10 000 | 10 000 | 30 000 |
| Laine | 1 800 | 3 400 | 2 900 | 8 250 |
| Coton | 3 500 | 2 750 | 2 000 | 8 100 |
| Phosphates bruts | 35 000 | 35 000 | 30 000 | 100 000 |
| Chiffons | 6 000 | 6 000 | 5 000 | 17 000 |
| Kaolin | 1 500 | 1 500 | 1 500 | 4 500 |
| Huiles d'arachides et de palmes | 3 500 | 3 000 | 4 100 | 4 500 |
| Collophane et essence de térébenthine | 5 700 | 5 700 | 5 700 | 17 100 |
| Craie phosphatée | 9 000 | 6 000 | 9 000 | 24 000 |
| Chaux pour hauts-fourneaux | 24 500 | 24 500 | 25 000 | 74 000 |
| Soude et bicarbonate. Soude caustique. | 21 000 | 21 000 | 23 000 | 65 000 |
| Minerai de fer (Meurthe et Moselle) | 1 030 000 | 880 000 | 880 000 | 2 830 000 |
| Minerai de fer (Caen et Cherbourg) | 103 000 | 102 000 | 83 000 | 288 000 |
| Minerai de fer (ports méditerranéens) | 25 000 | 25 000 | 20 000 | 70 000 |
| Bauxite (Var et Hérault) | 40 000 | 40 000 | 30 000 | 110 000 |
| Cuivre, laiton, étain (Réquisitions mairies) | 15 000 | 15 000 | 15 000 | 45 000 |
| Résidus de pyrites riches en cuivre | 29 500 | 20 000 | 16 000 | 65 500 |
| Résidus de pyrites pauvres en cuivre | 40 000 | 30 000 | 20 000 | 90 000 |
| Résidus de pyrites riches du Nord de la France | 12 000 | 12 000 | 12 000 | 36 000 |
| Aluminium, alumine et magnésiens | 8 500 | 8 500 | 8 500 | 25 500 |
| Produits laminés et demis-finis | 5 000 | 3 000 | 2500 | 10 500 |
| Produits finis divers fer et acier | 14 000 | 10 000 | 15 000 | 39 000 |
| Produits fabriqués en fer, tuyaux de fonte | 40 000 | 30 000 | 14 000 | 84 000 |
| Fer riblon | 80 000 | 60 000 | 52 000 | 192 000 |
Douarnenez le 24 août 1941 de l'envoyé spécial Max Roussel :
"_ Pas de sorties aujourd'hui?"
Le pêcheur relève la tête de son travail de réparation de son filet, me dévisage.
_ Pas de sortie, répond-il. Je suis compris dans celle de demain. Chacun son tour, pas vrai ? J'en profite pour réparer les dégâts de ce filet qui ne servira peut-être jamais.
_ N'est-ce pas là un filet à sardines?
_ Oui, et c'est pour cela que je vous dis qu'il ne servira peut-être jamais. Dans le regard de l'homme passe une fugitive lueur de tristesse.
Le roman de la sardine :
_ Oui, ma naïveté d'enfance était grande, qui croyait aux mystères intarissables de la mer... Voilà, on n'avait qu'à partirau matin, sur quelque bateau, loin au large et là, les filets de miracle, jetés dans les fonds glauques n'avaient qu'à cueillir la manne bénite... Au crépuscule, l'on s'en revenait au port avec les mêmes bateaux qui s'enfonçaient jusqu'à ras-bord, tant ils étaient chargés.
Comme la réalité conçoit plus de peines mauvaises pour les hommes, plus d'incertitudes et de déceptions parfois!
_ Comprenez me dit l'homme, c'est au début du mois de juin que commence la campagne de la sardine qui dure au maximum 4 à 5 mois. Or, cette année, elle a déjà plus d'un mois de retard dans tous les ports. Ici, à Douarnenez pour ne pas nous ronger les sangs et parce qu'il faut bien vivre, nous continuons à pêcher le maquereau et nous restons armés aux palangres... Nous ne demandons pas meiux que de jeter nos filets. Il aurait du poisson certainement. Mais le filet ne suffit pas. Pour que la sardine vienne se faire prendre, il faut l'attirer par certains appâts dont les meilleurs sont de la rogue de morue qui nous est livrée de Norvège et de la farine d'arachide. Les difficultés pour en avoir sont très grandes et le problème n'a pas encore été résolu. Ici, nous ne disposons que de 5 barils de rogue par bateau pour toute la campagne, alors que la consommation normale est de 3 barils par semaine.(SIC !).
Allez à Port Manach, à Brigneau, au Guilvinec, à Merrien, à Doëlan, à Concarneau, à Camaret, à Morgat, à Audierne, à Loctudy, partout c'est la même chose. Quand je pense qu'à cette époque, c'étaient plus de 150 tonnes par jours de sardines que nous débarquions...
L'homme semble enragé sur son filetque ses doigts prennent pour remaillage.
_ Parfois, parce que le métier est dans notre veine, nous faisons quelques essais de pêche à la sardine... Et lorsque, après tant de mal, nous rentrons au port, nous qui avons beaucoup plus de dépenses à engager que le pêcheur ordinaire, savez-vous quels sont les prix de vente que l'on nous impose ? 850 francs les 100 kilos. Si c'est le marché noir que l'on souhaite encourager, il n'y a qu'à le dire... et l'on verra ce que l'on a vu ces jours derniers sur un marché : 15 francs le kilo de sardines.
...
Source : le journal "Paris-soir" du lundi 25 auôt 1941.
Trois cent mille voitures électriques pourraient actuellement circuler en France, pour une dépense de 7 centimes au kilomètre. La France est, après la Suisse, le deuxième pays du monde quant à la richesse en houille blanche et une grande partie de ses besoins, en énergie, pourrait être fournie par l'eau.
En cette période de restriction de la consommation d'essence, il était donc tout indiqué de développer la construction de voitures économiques électriques. Le problème n'est pas nouveau puisque la première voiture qui a dépassée les 100 kilomètres à l'heure, la "jamais contente", était une voiture électrique. Notamment dans les services publics - la grosse question étant celle des accumulateurs- il fallait en trouver de suffisamment légers et d'une suffisante capacité pour être utilisée sur une voiture légère.
Un jeune ingénieur s'efforce actuellement de mettre au point une voiture de 300 kilos à vide faisant 40 kilomètres à l'heure avec 75 kilomètres d'autonomie. Les accus se rechargent à l'aide d'une prise de courant ordinaire, ceci pour une dépense d'environ 7 centimes au kilomètre.
Ce même constructeur pense que dans un an nous aurons des voitures roulant à 75 kilomètres à l'heure avec une autonomie de 150 kilomètres.
Le seul point noir est la question des matières premières. Il faudrait environ 5 kilos de cuivre et 5 kilos de caoutchou pour construire une telle voiture. Il se peut d'ailleurs que le cuivre soit prochainement remplacé par l'aluminium, notamment en ce qui concerne les bobinages.
En résumé, voici une industrie bien française, qui permettra peut-être de résoudre le délicat problèmes des transports.
Source : le journal "La Croix" du 26 août 1941.
Témoignage d’un enseignant de l’Institut Lemonnier :
Nuit du 5 au 6 juin… Comme tous les Caennais et les habitants de la côte, nous sommes réveillés en sursaut par la canonnade monstre qui parvient de la mer… Cette fois on n’en peut douter « ça y est… » et chacun de sauter à bas du lit pour essayer de se rendre compte de l’ampleur du débarquement.
Mais à part le rougeoiement qui s’étendait à l’Ouest, sur la côte, et l’immense nappe de fumée qui roulait sur l’horizon, impossible, même du haut de l’atelier de mécanique, de rien discerner… Aussi chacun, ayant tari ses commentaires, regagna son lit qui frissonnait sous les coups lointains des obus pleuvant sur la côte et essaya de dormir… Quelques heures plus tard nous étions tous de nouveau sur pieds échangeant nos impressions et nous demandant si nous n’allions pas, d’un moment à l’autre ; nous trouver en plein baroud…
Ça ne devait pas tarder…
A une heure et demie de l’après-midi une nuée de bombardiers apparut à l’horizon, venant de la mer, et se dirigeant sur nous.
Quelques minutes après des quartiers entiers de la ville étaient en ruines et en flammes. C’est à peine si on eut le temps de réaliser le malheur.
Personnellement, je venais d’écouter sur un poste à galène l’émission spéciale qui donnait de Londres les premiers détails concernant le débarquement et je sortais de chez le Père Directeur, à qui je venais de les communiquer, quand je vis choir sur la menuiserie trois bombes tandis qu’une dizaine d’autres tombaient, avec un bruit que nous n’oublierons plus, dans un rayon de vingt à cinquante mètres.
Perdus dans une âcre fumée de poussière qui m’aveuglait, m’étouffait et me crissait sous les dents, recroquevillé à terre, criant des supplications au Ciel, j’entendis, dans un vacarme indescriptible, fait de fracas des vitres et des tuiles qui tombaient, des portes et des fenêtres , des cloisons et des charpentes qui se disloquaient, des cris d’effroi, des gémissements et des appels… C’était atroce.
Et les bombardiers s’éloignèrent…
L’atmosphère à peine éclaircie, par je ne sais quel instinct, nous nous retrouvâmes groupés, alors qu’avant les bombardements nous étions dispersés aux quatre coins de la maison. Deux confrères, MM Robino et Le Ru, ainsi que trois enfants, étaient plus ou moins grièvement blessés. Deux autres supérieurs, le père Gouriou et l’abbé Pincé, manquaient à l’appel ainsi que trois élèves.
Sur les cours, recouvertes de tuiles brisées et de poussières, d’arbres déchiquetés, de portes, de volets et de fenêtres arrachées, on ne distinguait aucune forme humaine… Au bout d’un moment un garçon s’écria à travers un rire nerveux et saccadé, qui faisait mal : « J’étais avec eux dans la menuiserie et je suis juste sorti quand elle tombait ! Les malheureux ! Comment les découvrir dans ce fatras de ferraille tordue, de tôles ondulées, de planches brisées et de briques écornées ?...»
Le petit Blassy fut retrouvé le premier, dans la cour du voisin, où il avait été projeté par le souffle, par de-là le mur. Il avait la tête à moitié emportée. Roland Sale fut aperçu ensuite. Il semblait à peine assoupi, encore chaud. Et ne fut-ce le trou profond qu’il avait derrière la tête, du côté de l’oreille droite d’où suintait un sang noirâtre, on eut pu croire qu’il s’en tirerait à bon compte. Malheureusement, lui aussi était mort.
Contre toute espérance on continua à fouiller sur l’emplacement de la menuiserie. Tout à coup un appel retentit : c’était M Pincé qui appelait au secours et, pendant qu’on le dégageait, une nouvelle voix s’éleva, aiguë et haletante, celle de Marie Ange. Sur ces entrefaits, le père Gouriou rentra de la ville où le bombardement l’avait surpris.
Les premières bombes tombées sur Caen avaient fait chez nous deux morts et sept blessés. On les transporta tous à l’hospice Saint Louis et aussitôt on se remit à aménager les tranchées creusées au fond du jardin en 1940. Nous nous y abritâmes la nuit du 6 au 7 juin qui fut épouvantable pour les quartiers du centre de la ville. Une immense lueur montant du quartier Saint-Jean éclairait sinistrement notre abri. …
Source : « Caen Normandie 44, liberté pour l’Europe », journal de la ville de Caen n°32 du 6 juin 1984, page 37.
Notre but principal est de maintenir et faire revivre la mémoire de la "Libération" en l'expliquant à tous les publics via des expositions et l'organisation d'évènements commémoratifs. Mais avant, il faut replacer les événements dans leur contexte d'où notre intérêt pour les années précédentes et les témoignages relatifs à cette période.
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